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Du Stade Rennais à l'OM : Habib Beye ne change pas sa recette, et ça inquiète


Samedi 14 Mars 2026 07:25 - écrit par

Dans un Vélodrome qui n'était pas des grands soirs, l’OM a assuré l’essentiel face à une courageuse équipe d’Auxerre (1-0). Si le but libérateur d’Amine Gouiri en fin de match permet aux Marseillais de rester dans la course au podium, le contenu, encore trop frileux, laisse les supporters marseillais dans un épais doute.



Le Vélodrome a fini par rugir, mais ce fut un cri de soulagement plutôt qu'une éruption de plaisir. Vendredi soir, en ouverture de la 26e journée de Ligue 1, l’Olympique de Marseille a fait le travail comptable. Une victoire courte, acquise au forceps, qui permet de mettre la pression sur ses concurrents directs que sont l'Olympique Lyonnais et le Stade Rennais. Cependant, derrière le tableau d'affichage, la copie rendue par les hommes d’Habib Beye pose question.

Le triomphe du pragmatisme : l'OM assure l'essentiel sans convaincre

On attendait la révolution tactique promise par l'ancien rennais, on a eu le droit à un OM sous anesthésie. Face à des Auxerrois venus pour verrouiller et jouer en contre, les Olympiens ont monopolisé le cuir sans jamais vraiment le faire fructifier. La possession était stérile, le bloc adverse compact, et les idées offensives, elles, semblaient aux abonnés absents.

Il a fallu attendre la 79e minute pour voir la lumière. Sur une inspiration soudaine, Amine Gouiri a trompé la vigilance de Donovan Léon, offrant trois points précieux dans la quête européenne. Une victoire qui ressemble à un cache-misère : malgré une domination territoriale nette, l'OM a affiché des expected goals (xG) faméliques de 0.82, témoignant d'une incapacité chronique à transformer la maîtrise en danger réel.

L’effet Beye : une resucée rennaise ?

On ne peut s’empêcher de voir dans ce Marseille la patte du Beye version Stade Rennais. Un football sans folie avec de grosses insuffisances dans le contenu. Si cette méthode a permis de redresser la barre et de stabiliser une équipe en difficulté, elle heurte la culture marseillaise. Le "Beye-ball" rassure le classement, mais affame les tribunes.

Si le volume de passes est élevé, la dangerosité des séquences reste nettement inférieure à celle des cadors du championnat. Pour l'heure, le technicien franco-sénégalais assume ce virage comptable, arguant de la nécessité de reconstruire des fondations solides avant de peindre la façade.

Le calendrier, juge de paix

L’OM occupe toujours le bon wagon, fort de trois points d’avance sur l’OL. Mais cette série de résultats, aussi salvatrice soit-elle, ne pourra masquer éternellement les lacunes dans l’animation offensive. Le calendrier à venir ne fera pas de cadeaux. À mesure que les affiches se corseront, le pragmatisme ne sera plus une excuse, mais une limite. À Habib Beye de prouver, désormais, qu’il sait faire plus que simplement gérer les urgences : transformer ce Marseille en une équipe capable d'imposer son tempo, et pas seulement de l'attendre.



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